On dirait bien que quelqu’un a débloqué un nouveau pouvoir maléfique. Bien vu, ce quelqu’un, c’est ton enfant qui chouine pour rien !
Bien qu’il soit haut comme 3 pommes, il semble convaincu de pouvoir transformer tes “non” en “oui” en pleurnichant de façon (vraiment très) agaçante.
Pour te demander quelque chose, pour se plaindre, quand il n’obtient pas ce qu’il veut… Bref. Pleurnicher est devenu son nouveau passe-temps pour t’énerver.
Et toi ? Bah… Tu cherches désespérément des conseils pour arranger la situation et redevenir bienveillante.
Cool. Mais tu dois d’abord savoir que ton enfant ne cherche pas à t’agacer. Disons seulement que ça, c’est un dommage collatéral.
Alors…
Pourquoi mon enfant chouine ?
Un enfant qui chouine, ou qui pleurniche, ne sait pas comment dire autrement ce qu’il ressent.
De toute évidence. Il est possible que le fait de chouiner soit lié à son état physique (fatigue, sommeil, faim, douleur…) ou qu’il veuille simplement attirer l’attention de ses parents.
Alors oui, il y a des dizaines d’autres moyens – moins agaçants – de te communiquer ce qui le dérange.
Enfin… Moi, je le sais. Toi aussi. Mais lui, non.
Ce qui est le plus difficile dans cette situation c’est bien de mettre de côté ta colère face au comportement de ton enfant pour écouter ce qu’il veut vraiment te dire.
Bon, il y a quand même un truc très important à savoir.
Cette habitude ultra-énervante survient le plus souvent entre 3 et 6 ans, mais elle s’étendra selon la réaction des parents.
Autrement dit, plus un enfant obtient souvent ce qu’il veut après avoir pleurniché, et plus il sera susceptible de se plaindre à nouveau.
Un sacré cercle vicieux quoi.
“Ok Lucie. Alors je fais quoi ?”
Bonne question…
Comment réagir quand mon enfant se met à pleurnicher ?
Comme on l’a vu plus haut, ton enfant ne réalise pas ce qu’il fait de “mal” quand il chouine. On pourrait donc commencer par là.
Enregistre-le
Si tu veux mon avis, la prochaine fois que ton enfant appuie sur le bouton “pleurnicheries”, enregistre sa voix sur ton téléphone. Ensuite, enregistre-le lorsqu’il parle normalement.
Lorsqu’il te semble de bonne humeur, rejoue les vocaux et fais-lui remarquer la différence entre sa voix “pleurnicharde” et sa voix “normale”.
Dis-lui par exemple : “Quand tu fais cette voix, je ne comprends pas ce que tu essayes de me dire. Avec ta voix normale, c’est beaucoup plus clair et tu as toute mon attention”.
Garde ton calme
Plus facile à dire qu’à faire. Oh que oui.
Même si c’est difficile, retiens-toi de toutes tes forces pour ne pas crier “arrête de chouiner !!”.
Ne qualifie pas non plus ton enfant de “pleurnichard” ou de “chouineuse” au risque de lui coller une étiquette. Sans compter que les étiquettes ont la fâcheuse tendance à devenir des prophéties auto-réalisatrices.
Hummm, ce n’est pas ce que tu veux, n’est-ce pas ?
En fait, le schéma est plutôt simple. Aux yeux de ton enfant, une attention négative de ta part vaut mieux que pas d’attention du tout.
Donc clairement, lui dire ça n’arrêtera pas ton enfant de chouiner et risque même de devenir une vilaine habitude pour accaparer l’attention.
Ne cède pas
Ton enfant doit comprendre que chouiner n’est pas un raccourci pour obtenir ce qu’il veut. Dis-lui que tu ne l’écouteras que s’il utilise sa voix « normale ».
S’il fait mine de ne pas t’entendre et continue, ignore-le. Tu dois absolument éviter tout contact visuel et ne pas lui répondre. Peu importe à quel point ça te démange, tiens bon.
Maintenant, s’il reprend sa voix “normale”, et qu’il t’est possible de satisfaire sa demande, c’est ok.
Sinon, propose-lui une alternative : “Ce n’est pas encore l’heure du goûter pour prendre des bonbons, mais je peux te donner une banane ou des fruits secs.”
Opte pour une distraction ou un câlin
Parfois, détourner l’attention de ton enfant est le mieux que tu puisses faire sur le moment pour qu’il arrête de chouiner. Surtout lorsque tu as déjà essayé la réponse raisonnable sans succès.
Par exemple, vous êtes en plein supermarché et ton enfant s’arrête net au rayon des jouets.
-Ahhhh, ils sont tous pareil.
À la minute où tu lui as dit “Je ne t’achèterai pas de poupées, le coffre à jouets en est plein”, il s’est mis à chouiner, persuadé que ça te ferait changer d’avis.
Mais c’était sans compter sur ton arme secrète : faire diversion. ^^
“Hé, tu te rappelles que Chloé vient au parc avec nous demain !”
Ah et, tu peux toujours tenter le câlin magique pour égayer son humeur.
Utilise l’humour
Une astuce que j’aime bien consiste à prétendre que tu ne sais pas d’où provient la voix pleurnicharde. Demande alors à ton enfant de t’aider à chercher sous la couette, derrière le canapé, dans le four, pour trouver où se cache l’enfant qui chouine.
Tu peux aussi proposer à ton enfant de réparer la voix chouineuse avec un peu d’huile de coude, des chatouilles, ou tout ce qui naîtra dans ton imagination.
Attention. Je préfère te prévenir, certains enfants n’aiment pas du tout être taquinés dans cette situation. Pire, ils en deviennent encore plus contrariés. Si c’est le cas avec ton enfant, arrête tout et essaye une autre astuce.
D’ailleurs, j’ai trouvé l’angle de cet article très intéressant. Si tu veux en savoir plus sur la psychologie derrière un enfant qui chouine, je te conseille de le lire.
Mais revenons-en à nos pleurnicheries. Je ne vais pas te laisser là sans quelques conseils pour que tu n’aies plus à m’écrire “au secours, mon enfant chouine !!”.
5 Conseils pour éviter que mon enfant chouine -et me fasse perdre mon calme
1 – Accorde-lui toute ton attention avant qu’il ne se mette à chouiner
Je sais à quoi peut ressembler un quotidien de maman et loin de moi l’envie de faire la donneuse de leçons… Je préfère qu’on se dise, toi comme moi, qu’on fera mieux la prochaine fois avec nos enfants.
Pour autant, quand ton enfant te parle, assure-toi qu’il sait que tu l’as écouté. Je suis sûre que ça t’arrive aussi, mais parfois ma fille me répète 36 fois un truc que j’ai très bien entendu tout ça parce que je faisais autre chose en même temps et que je ne l’ai pas regardée.
Et ça nous arrive aussi à nous, adultes. Quand on parle au papa et qu’il ne nous fournit pas d’indices clairs sur le fait qu’il nous a écouté, ça nous agace. Très fortement.
Donc c’est aussi simple que ça :
- Regarder l’enfant quand il parle
- Ou acquiescer
- Ou fournir une réponse claire (ou un refus)
De la même façon, s’il te sollicite alors que tu es occupée, essaye de ne pas prendre trop de temps à réagir.
2 – Occupe-le
Toi aussi tu as remarqué à quel point les enfants peuvent devenir pénibles quand ils s’ennuient ?
Si tu penses que ton enfant n’a plus d’inspiration pour s’occuper, propose-lui une activité, ou fais-le participer à la tâche que tu es en train de faire.
J’imagine que tu trouveras de quoi faire parmi ces 27 idées d’activités sur le thème de l’Automne…
3 – Attention à la frustration
Un enfant devient vite frustré de ne pas savoir faire quelque chose correctement, ou comme il l’avait imaginé. Ce type de frustrations arrive surtout pendant la période du Terrible Two, mais plus généralement, aucun enfant n’aime ressentir la situation comme un “échec”.
Il peut s’agir d’un geste du quotidien comme s’habiller seul, ou remplir son verre de jus, comme d’une activité ou d’un jeu.
Assure-toi de ne pas en attendre trop pour son âge. Et surtout, accompagne-le au mieux pour qu’il arrive à exprimer ses sentiments pour pouvoir ensuite faire les choses seul.
4 – Garde un œil sur ses besoins primaires
Branche-toi sur les besoins physiques de ton enfant. Je veux dire par là que pour éviter la situation “mon enfant chouine et je n’en peux plus”, il faudrait commencer par en supprimer les causes qu’on a vu plus haut.
Fais de ton mieux pour que ton enfant ne soit pas épuisé et que les heures de repas et de collations soient cohérentes.
5 – Complimente sa voix “normale”
Quand ton enfant demande quelque chose d’un ton agréable, dis-lui à quel point tu aimes qu’il demande gentiment.
Bien sûr, le meilleur conseil restera toujours de s’armer de patience. Mais tu verras par toi-même, dès que ton enfant aura compris qu’il peut te dire autrement ce qu’il ressent, il se lassera seul de chouiner.
Et sinon, sur une échelle de 1 à 10, ça t’agace à quel point quand ton enfant chouine ?


